Cher lecteur,

Il y a une chose que j'aime faire, c'est écrire, et c'est ce qui arrive parfois quand on aime lire. J'ai toujours aimé lire et j'ai beaucoup lu, peut-être même trop, quand j'étais plus jeune et qu'il fallait prendre le car scolaire après avoir lu jusqu'à une ou trois heures du matin. Puis bien sûr, ce que je lisait ne suffisait pas. Il est parfois frustrant de n'avoir aucune emprise sur l'histoire et les personnages qu'on aime, on les voit agir comme si on était transparent, parce qu'on n'existe pas pour eux.

006 - Une nouvelle année

Les chapitres de la série Voyageurs se sont enchaînés à une vitesse folle et j'ai eu beaucoup de plaisir à les écrire. J'espère que vous en avez eu autant à les lire. Pour fêter la nouvelle année, je vous propose de redécouvrir la série avec un ajout : certains chapitres sont à présent proposés avec des suggestions de morceaux à écouter durant la lecture. Cela concerne les chapitres deuxième, troisième, quatrième et huitième.

Chapitre dixième : Le saut

Héritage, la lune habitable en orbite autour de Kaos, dans le système Nauta, était bien visible par les hublots de la station. On distinguait des nuages, des reliefs, des étendues d'eau et une couleur verte sur les terres émergées. Au télescope apparaissaient des paysages incroyables qui montraient Héritage comme un îlot foisonnant de vie au milieu de l'espace. Nulle part ailleurs ils n'avaient trouvé une perle comme cette lune. Il avait fallu des milliers d'années de voyage et, malgré leur vigilance, cette exoplanète avait bien failli leur échapper. L'équipage à bord mesurait la chance qu'il avait, alors que tant d'autres personnes étaient mortes à bord de la station sans arriver jusqu'ici, aux abords d'un endroit où pourrait enfin vivre l'Homme.

Chapitre neuvième : Demi-tour

Lorsque la station passa de nouveau à proximité de la ceinture de Siman, son histoire n'était déjà plus qu'un évènement enregistré dans les archives. Deux personnes seulement l'avait vécu, et ils observèrent le amas d'astéroïdes en silence, avec respect. Les autres cherchèrent l'épave qui avait eu le temps de dériver avec le reste des roches, trop loin pour la voir ni même pour deviner sa position. Ils laissèrent derrière eux ce vestige de leur passage, le voyage continuait, contre toute attente et contre l'adversité, la mission avançait maintenant et la station était réparée.

Chapitre huitième : Tentatives

L'objet était en vue. Alors même que le Soleil autour duquel orbitait la Terre n'était plus du tout observable a l'œil nu, la station approchait à quelques kilomètres seulement d'un astéroïde bien visible, de taille honorable, et à l'intérieur duquel des poches de gaz avaient été révélées par les analyses. Il se trouvait à la bordure d'une ceinture d'astéroïdes en orbite autour du système Petra, qu'ils quittaient pour Prima Hortus. Il était tentant de partir immédiatement vers Caelum, la planète qu'ils avaient repérée dans le système Hortus, mais dans ce cas ils risquaient de voir la station tomber à court de ressources et ne plus pouvoir réparer certaines avaries qui pourraient survenir d'ici là. Le passage par la ceinture d'astéroïdes était nécessaire pour terminer sereinement leur voyage, mais cela repoussait leur arrivée à destination. Ils n'avaient aucune idée du temps qu'il leur faudrait pour pomper assez de gaz. La trajectoire de la station fut calée sur celle de l'objet qu'ils avaient choisi de forer, ils en étaient à quelques kilomètres seulement ; à l'échelle du voyage interstellaire que la station avait déjà effectué, ils se touchaient presque.

Chapitre premier : Voyageurs

L'UNSS n'était plus du tout ce qui avait été imaginé sur les plans au départ, un changement fondamental avait été opéré au niveau de la propulsion. Là où seuls des correcteurs de trajectoire étaient autrefois installés, les ingénieurs avaient à présent imaginé une véritable propulsion qui faisait de la station spatiale des Nations Unies un astronef taillé pour un long voyage. Le système de propulsion mettait en jeu trois réacteurs qui tireraient partie au maximum de l'inertie pour consommer le moins possible de carburant. La station, dotée à présent de trois branches, se déplacerait en rotation. En fait, elle serait propulsée successivement par ses trois moteurs, chacun fixé sur une branche, ce qui lui donnerait un mouvement suffisant pour créer une faible gravité artificielle et permettre de se tenir debout. La station avait peu à peu pris la forme voulue au fil d'un chantier incroyablement long et délicat. C'était la plus impressionnante réalisation jamais assemblée dans l'espace et la plus coûteuse.

005 - Écrivain saisonnier

Pour 2015, j'avais envie de franchir une étape dans la construction de mes nouvelles. J'ai décidé de retracer une histoire sur plusieurs nouvelles, le résultat consiste en dix épisodes qui se suivent, sous le titre Voyageurs. C'est une histoire qui s'étale sur plusieurs centaines d'années, alors les épisodes se suivent mais de loin. C'est justement cela dont j'avais envie. Je me suis attaché à raconter une épopée dans laquelle les personnages ne jouent qu'un rôle éphémère, parce que c'est la grande Histoire, plus générale, qui m'importait pour cette fois. Vous verrez.

Les grandes lignes

Les contours de tous les objets s'illuminaient, tantôt fort et tantôt faiblement, j'avais la tête qui tournait et les yeux qui pleuraient de voir toute cette lumière fluctuer. Tout était dans le noir et puis voilà que toutes les lignes s'éclairaient, leur lumière baissant et montant sans cesse pour briller jusqu'au fond de ma tête. Je réalisais que tout plein de lignes droites m'entourait, je les voyais à présent clairement, je ne voyais plus qu'elles. Tout le reste était sombre, je ne voyais que les lignes en lumière et pourtant je reconnaissais tout.

004 - Une nouvelle année

Cette année touche à sa fin avec une dernière nouvelle dans le recueil Quelque chose de plus. Il s'agit du texte Les grandes lignes, que je vous laisse découvrir.

La télé

Il était pressé, comme souvent, et comme souvent lorsqu'il est pressé, il prit des raccourcis. Arrivé en haut d'une côte d'où l'on dominait le reste de la rue, il pouvait voir toute la longueur de celle-ci jusqu'en contrebas où un marché couvert vivait. C'était une affaire de concentration, il y pensa très fort et fut d'un coup transporté jusque là. Alors qu'il y avait un instant il était en haut de la rue, à présent il était là où il voulait, là où il s'était imaginé arriver, devant l'une des portes béantes du marché couvert.

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